Tout arrive, Dorothée est de retour à la télévision dans quelques jours sur une nouvelle chaîne de la TNT locale. Les grands hymnes de l’époque sont de retour, insolents de nostalgie. A côté, Proust est complètement has been avec sa madeleine.
Et pendant ce temps, certaines anecdotes au boulot donnent le meilleur d’elles-mêmes pour filer un sacré coup de vieux.
Assistant : Moi j’ai 40 ans et finalement je n’ai pas vraiment de responsabilités dans mon travail. Tu fais quoi toi en fait ici ? Ton boulot a l’air intéressant.
Sylvain : Euh, je gère quelques productions, je fais en sorte de mettre en relation les bonnes personnes et de représenter la boîte auprès du client.
Assistant : Ah en fait tu es producteur, c’est ça ?
Sylvain : Plus ou moins.
Assistant : Dis-donc, tu t’en es super bien sorti pour ton âge. Tu as quoi ? 30-35 ans ?
Sylvain : …..
14 février 2005
Ils ne sont pas encore ensemble mais partagent un doux moment de confidences entre Big Mac et potatoes. Sylvain se dit pour la première fois qu’ils feraient un couple formidable. Jonathan se dit qu’ils ne sont finalement pas fait pour être ensemble et qu’il ferait peut-être bien de se remettre avec son ex. Un peu plus d’un mois après, leur histoire commence.
14 février 2006
A l’aube de leur premier anniversaire, ils décident d’honorer la foutue tradition annuelle, une chaîne de restaurants fera l’affaire pour déguster un repas qui contentera les goûts culinaires un peu particuliers du Jona. Chemise élégante et colorée, bien coiffé et lentilles posées pour l’occasion, il est vraiment beau mais prend sur lui pour marquer le coup malgré tout le dégoût ressenti envers ce satané jour.
14 février 2007
Afin de casser la banalité, c’est un restaurant de hamburgers qui accueille deux amoureux secoués par la violence qu’incarne la célébration, toujours bel et bien présente. La soirée est simple et plutôt amusante vu le cadre choisi et les personnages du lieu qui ont eu la même idée.
14 février 2008
Trop c’est trop, le boycott prend le dessus. “Tu n’existes pas pour moi aujourd’hui”, la déclaration faîte à Sylvain le frappera de plein fouet. Pourtant en cette nouvelle St Valentin, il ne souhaitait pas célébrer un amour incertain mais plus simplement la richesse de ce qu’ils se sont apporté l’un et l’autre depuis près de trois ans. Difficile de penser à autre chose malgré tous les efforts faits pour désacraliser la date.
L’implication dans le boulot, la piscine du midi, les coups de pédale du soir, l’immersion dans une FNAC à l’heure de sa fermeture, l’approche de l’inauguration d’une nouvelle expo au Palais de Tokyo et même le dîner improvisé avec une proche amie ne suffiront pas à compenser l’ignorance amoureuse subie.
Telle la célèbre Tour croisée sur le chemin du retour, il a la tête bien embrumée ce soir.
Juno, le nouveau Little Miss Sunshine ? Pas une seule critique n’oublie la comparaison. Qu’est-ce que ça veut dire ? Que le cinéma US n’est pas foutu de produire plus d’un film d’auteur par an un peu intéressant ?
Les deux films n’ont aucun point commun si ce n’est le ton abordé, un ton que l’on retrouve dans quantité de productions cinés étrangères et françaises. Du coup, tout le monde trouve ce film incroyable et brillant mais pour de mauvaises raisons, c’est bien malheureux.
Pour clore le tout, les gens ne comprennent rien et rient aux éclats à chaque réplique comme s’ils étaient en train de découvrir un film à sketches, type Laurel & Hardy.
Et pendant ce temps Kinoo se Manuïse en fantasmant sur une gamine de 20 ans, tout fout le camp.
C’est trop énervant, pour la peine savourons une photo du sublime Ryan Philippe, ça nous fera du bien.
Il en existe un pour qui la notion de couple ne veut plus rien dire, qui renie la St Valentin sans consulter celui qu’il a choisi pour lui porter un peu d’amour, qui n’a plus l’envie de lui faire plaisir, qui à force de voir tout en noir est insensible aux autres couleurs. Il n’a plus d’avis sur sa vie amoureuse puisqu’il a décidé d’en subir les bons comme les mauvais côtés.
Du coup, en face ça rumine, l’autre se sent insipide et un peu misérable. Et lorsque la plupart du temps, il décide d’y faire abstraction en ne retenant que le positif, ce soir c’est l’amertume qui prend le dessus. Son pseudo-compagnon n’est peut-être pas complètement coupable mais il lui fait bien payer en tout cas.
Il arrive parfois que les choses ne se déroulent pas tout à fait comme prévu. Cela faisait plus de 3 mois que Sylvain s’impliquait comme rarement sur un gros projet professionnel. De longues soirées passées avec ses chaleureux collègues au stress des derniers jours, il a peu à peu perdu l’innocence des débuts. Mais l’excitation reprend vite le dessus dans ce genre de situation. On cherche à donner le meilleur, à être fier de son travail et surtout à préparer un avenir toujours plus séduisant.
Ce lundi marquait la fin d’un projet et le début d’une période plus sereine dans un quotidien tant affolant qu’affolé. Oui mais voilà, un gros projet qui se termine donne naissance à d’innombrables petits projets qui s’accrochent à toi tel un lourd morpion sur les poils de tes couilles. C’est alors que cette semaine qui s’annonçait reposante se transforme en course à la montre pour satisfaire plusieurs dizaines de clients soifs de ses bons services.
10h, il faut s’occuper des personnes qui arrivent et sont censées travailler pour lui aujourd’hui.
11h, il faut gérer les demandes en interne qui handicapent le bon déroulement soigneusement planifié la veille au soir.
12h, on lui annonce un rendez-vous avec un gros client en début d’après-midi, il faut réorganiser la journée en conséquence.
13h, il n’as pas eu le temps de suivre les petits jeunes qui ne sont pas si autonomes qu’il le souhaiterait et doit les remettre sur le bon chemin.
14h, un bol de pâtes avalé dans un taxi pas trop pressé, le rendez-vous improvisé à l’autre bout de Paris approche pour se transformer en grosse réunion de travail avec une célébrité de télévision qui te parle droit dans les yeux durant une partie de l’après-midi.
17h, Sylvain est de retour au bureau chamboulé par toute cette pression qui tombe d’un coup.
18h, il faut préparer les livraisons du soir, celles du lendemain, les urgences des collègues qui ont du s’absenter, le suivi du travail effectué dans la journée par les petits jeunes, rassurer les clients qui doutent et se reposent sur un bon goût si réputé… Oui, Sylvain est plutôt nouveau dans le métier, mais parfois trop apprécié par les personnes les moins douées, celles qui sont tombées là par hasard mais pour qui tu travailles.
Il est 20h lorsque l’air frais de l’extérieur lui caresse le visage quelques minutes durant avant qu’il ne décide de s’enfermer dans une salle obscure pour profiter des joies d’un vieux classique américain. Et on n’est que mardi…
Ils ont vécu ensemble pendant deux ans. Mais lorsqu’ils se retrouvent, la nostalgie est chassée par de nouveaux moments complices. Marie était la première colocatrice de Sylvain. Elle est retournée vivre dans sa région natale il y a trois ans mais n’hésite pas à revenir sur Paris certains week-end pour rendre hommage à la célèbre madeleine qui fait du bien, qui fait du bien…
Sylvain tente alors le tout pour le tout, il tâche de concocter le plus incroyable des programmes pour en mettre plein la vue à celle dont le brusque départ a laissé quelques lourdes séquelles à son quotidien. Ce samedi était enivrant. Après un réveil tardif, les deux complices grimpent sur les confortables selles des Vélib parisiens pour se rendre à quelques kiomètres de là, au bois de Boulogne bien calme en cette période hivernale. Et c’est donc seuls au milieu du grand lac que Marie et Sylvain donnent quelques coups de rame sur la petite barque dont ils ont pris possession, coupés du monde. Un héron les regarde passer, nonchalant, tel le pendant volatile de Jonathan un mauvais jour. Une heure se passe, les crampes prennent le dessus mais la journée est belle.
Ils sautent alors dans le méconnu bus 38 pour rejoindre le coeur de la capitale et profiter de quelques gâteries sucrées au Starbucks du coin. Soldes tardives, resto japonais et ciné Burtonien du samedi soir rythment une longue journée clôturée par un périple Vélib de luxe : place Vendôme, Concorde, Champs-Elysée, Grand Palais, pont Alexandre III, Invalides et scintillante Tour Eiffel sont au programme.
Pendant ce temps, Sarko se marie, Virgin 17 rend hommage à Mickaël Jackson, les DVD de Ratatouille jonchent les étalages des boutiques et les Spice Girls décident d’écourter leur tournée. Il est l’heure d’aller se coucher.
Il se veut marginal mais au fond il est comme les autres. Et deux longues soirées de réflexion lui ont permis de ne plus vivre son précédent espace de confession virtuel comme une contrainte quotidienne. Il fallait retirer toutes restrictions pour lui laisser la liberté d’écrire, de se confier, de se vanter un peu aussi, de partager les petites souffrances du moment… Tous les artifices du précédent concept deviennent alors inutiles : les titres en jeux de mots seront ce qu’il seront, les haïkus auront fait leur temps, la systématique photo d’illustration ne s’imposera pas nécessairement, l’accompagnement musical n’évoluera que s’il le faut.
Bref, pour tirer son épingle de jeu, il définit alors l’impulsivité comme le maître mot d’un lieu particulier et chaleureux, à l’image de son propriétaire. Jamais trop modeste, parfois incompris, souvent idéaliste, le vilain personnage qui déverse ces quelques lignes sans vergogne mérite un peu d’attention. Si vilain soit le petit Sylvain, il est fier de vous compter parmi son chanceux auditoire. Vilain Sylvain…
Il n'est pas si vilain le gentil Sylvain, mais s'il voit si loin qu'il le dit, le partage de l'univers Vilain Sylvain ne sera pas vain.
Laissez-vous tenter, Sylvain vous invite au creux de sa main...




